Immobilier-demain

Facebook révolutionne le métier d’agent immobilier

En 2016, il y aurait autant d’utilisateurs sur Facebook que de gens sur terre il y a 100 ans. En d’autres termes, l’agora moderne grouille désormais de près d’1,7 milliard d’interlocuteurs potentiels. Puisque les échanges sont facilités, pourquoi ne pas y faire affaires directement ? C’est ce que soutient une nouvelle génération d’agents immobiliers 2.0, bien déterminés à tirer profit de la popularité extraordinaire du réseau social. Exit les portails d’annonces… A l’avenir, la transaction immobilière s’engagera sur Facebook ou ne s’engagera pas.

 

Dans une interview donnée en 2005, Mark Zuckerberg déclarait en toute franchiseque le but ultime d’un site web était que les gens finissent par y passer tout leur temps. Sur le sien, c’est chose faite. Et c’est justement cette présence assidue sur le réseau qui fait de Facebook un outil de communication d’une efficacité redoutable. Imagée, postée, likée, taguée, partagée – une annonce ainsi relayée instantanément par les utilisateurs eux-mêmes vise le mille, à moindre frais.

De quoi faire pâlir les agences «  physique » traditionnelles, qui tentent malgré tout d’intégrer à leur stratégie marketing ces nouveaux modes de production et de consommation de l’information. Mais à quel prix ? Est-il bien raisonnable de plomber son chiffre d’affaires en investissant des sommes considérables en publicités, aussi agressives et ciblées soient-elles, alors que les groupes de vente entre particuliers connectés explosent ?

REVOLUTION METHODOLOGIQUE

Selon Rudy Cohen-Scali, directeur de l’agence Scali, fervent adepte des réseaux sociaux pour la diffusion de ses produits et sa prospection client, « le marché de l’immobilier a tout à gagner de cette nouvelle conjoncture économique. » Car si l’accessibilité en ligne d’une offre haute en couleur est devenue un jeu d’enfant, à naviguer seul dans les eaux vives du web, le client risque vite de se trouver submergé par la quantité d’objets à évaluer. Comme le soulignent Nathalie Tartour et Catherine Nahman, chasseuses d’appart à la tête de l’agence Parisearchla recherche immobilière est une aventure, semée d’embûches. En solitaire, elle peut se révéler longue et coûteuse pour l’acheteur comme pour le vendeur.

« Notre travail consiste à entendre réellement les besoins du client, en allant parfois au delà de ses aspirations initiales. Il est en attente d’une relation privilégiée avec une personne qui s’occupera de son projet du début jusqu’à l’acte de vente »,précisent-elles. Olivier Falck, agent indépendant, en est convaincu. « Celui qui prospecte ou qui vend son bien est à la recherche d’un interlocuteur qui saura être à sa disposition et conclure rapidement. » Fort de ce constat, il crée en 2014 « L’Intercabinet Parisien » un groupe Facebook exclusivement réservé aux agents immobiliers titulaires d’une carte T. Aujourd’hui c’est une véritable bourse d’échange répartie sur 3 groupes (1/Paris & Villes limitrophes, 2/France résidentiel et 3/Commercial) qui comptabilisent plus de 500 mandataires. L’activité a engendré plus de mille offres en six mois, et bien plus en commentaires…

L’argument d’Olivier pour justifier d’un tel engouement ? Le gain de temps et la diversification des transactions« Le réseau nous aide à être plus efficace et à mieux communiquer. On y retrouve des indépendants, des avocats, des chasseurs, des agents haut de gamme (Haussmann PrestigeColdwell BankerSothebys…),ou traditionnels (EraGuy HoquetCentury21) et même spécialisés dans le commercial (Point de venteJLLGroupe Babylone)».

ECOUTE & PARTAGE

« Grâce à un seul post notifié à l’ensemble des membres, que ce soit pour une recherche de bureau à Boulogne ou la vente d’une résidence dans le Sud, vous pouvez satisfaire tous types de demandes en démultipliant les opportunités. Et si vous êtes en concurrence avec d’autres agences, le réseau vous aidera à être le plus rapide. »insiste-t-il. En effet, face à une clientèle exigeante et variée, pourquoi se limiter à ce que vous possédez (ou pas) en boutique ? Smartphone en main, L’Intercabinet Parisien est depuis devenu l’outil de prospection favori d’agents émérites. «On dialogue en direct avec ses clients comme avec ses confrères, ce qui accélère le traitement de l’information. » en restant sur son application préférée.

Tout en favorisant l’indépendance professionnelle, le « groupe » permet donc d’élargir votre catalogue en vous mettant en relation avec d’autres agents, dans un cadre surveillé. Car qui dit partage de commissions dit confiance. Au sein du groupe, les règles de bonne conduite et la qualité des transactions qui en découle se mutualisent, grâce au contrôle appliqué via le modérateur et les commentaires des membres. La réputation de chacun et le poids de la communauté n’ont jamais eu autant de valeur marchande. Les participants s’engagent alors entre eux dans une meilleure logique de négociation, au profit du client comme du leur.

Par ailleurs hermétique au public, l’activité privée du groupe pallie le risque de galvaudage et favorise les offres. « On se passe les biens ou les recherches entre nous. Comme le produit est en inter, ça fluidifie le marché. Ça nous aide et ça aide les autres ! Nous, on trouve ça génial », me confient Catherine et NathalieRichard Bellanger est du même avis. Pionnier dans les nouvelles technologies et président du groupe Emporio Estate, il concède que les mentalités ont bel et bien changé. Selon son expertise, la période actuelle favorise les logiques de partage. « Les liens se resserrent parce que le marché est plus difficile. Il faut travailler en commun. »

LE TEMPS RETROUVE

Au cœur de la révolution digitale, la fonction d’agent immobilier serait donc loin d’imploser. A l’inverse des tendances à la techno-(in)dépendance, il semblerait que les rapports humains et le partage puissent encore faire la différence sur un marché ultra concurrentiel, d’où il est difficile de se démarquer. Doté de moyens tel que L’Intercabinet Parisien, le mandataire peut aujourd’hui endosser avec joie son rôle de délégué intime des désirs de ses clients. En contrepartie du temps investi dans cette relation, il bénéficie d’un accès privilégié à des offres « Off Market », garantissant ainsi l’exécution d’un service exclusif, rapide et confidentiel.

Vendre vite et bien. Raccourcir les délais de transactions tout en les multipliant. Répéter l’opération in fine. Sous l’emprise des réseaux sociaux, le rêve de tous professionnels de l’immobilier n’a jamais été aussi près de se réaliser. Olivier Falck l’a bien compris. L’intérêt des outils numériques n’est pas de faire le travail des agents à leur place, mais de leur être utiles.

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